Le commissaire aux services en français de l’Ontario, François Boileau, est catégorique : «l’élastique est étiré à son maximum», et plus de ressources humaines et financières doivent être consacrées à son commissariat et à l’Office des affaires francophones (OAF).
Voilà l’une des quatre recommandations du deuxième rapport du commissaire, déposé hier à Toronto. «Il devient impossible d’en faire plus avec moins et la qualité des services aux citoyens en est affectée», résume M. Boileau.
Selon son rapport, 304 plaintes ont été reçues par le Commissariat aux services en français entre le 1er avril 2008 et le 31 mars 2009, soit sept fois plus qu’à la même période de l’année précédente. De celles-ci, 248 ont fait l’objet d’une enquête.
M. Boileau indique que la tendance montre que le nombre de plaintes continuera d’augmenter et que des ressources financières et humaines devront ultimement lui être accordées. «La tendance depuis le 1er avril 2009 est d’environ une plainte par jour ouvrable», ajoute le commissaire.
Ce dernier s’explique d’ailleurs mal les allocations budgétaires accordées à l’OAF depuis les 20 dernières années. En dollars constants de 1988, le budget de l’Office est passé de près de 3,6 millions $ à un peu moins 2,7 millions $, selon les chiffres avancés par le commissaire. Des sommes nettement insuffisantes, selon lui.
«Quand on voit les budgets au cours des 20 dernières années, c’est comme une montagne russe, si bien qu’on se demande ce qui peut faire fluctuer ces montants. Ça me laisse croire que ces sommes-là fluctuent en raison d’une intention politique, alors que les obligations en matière de Loi sur les services en français ne devraient pas être considérées comme étant sous le gouvernement du jour», insiste le commissaire.
C’est cette volonté de dépolitiser les services en français que M. Boileau a voulu mettre de l’avant avec ce rapport. Celui-ci demande aux ministères de ne pas fournir des services en français parce qu’ils y sont «obligés par la Loi».
«Je veux les amener ailleurs. Je veux que les services en français soient intégrés dans l’appareil gouvernemental, qu’on sente que les ministères et les organismes gouvernementaux intègrent réellement les services en français au sein de leurs activités.»
«L’Assemblée législative de l’Ontario reconnaît l’importance de la communauté francophone, veut s’engager de par la Loi sur les services en français, alors qu’on se donne les moyens d’y parvenir», lance François Boileau.
Des critères plus simples guidant les ministères dans la traduction des règlements, une politique obligatoire en matière de ressources humaines pour les services en français et la formation d’un comité composé de membres de la magistrature, du barreau et de praticiens de la communauté francophone sont également au nombre des recommandations du commissaire.




