Le parc aquatique Calypso, dans l’Est ontarien, est presque complété. Il ne reste que quelques petites bâtisses à monter : un casse-croûtes, des installations de caissiers, etc.
On s’attend à la grande ouverture l’année prochaine, au mois de juin. Jusqu’à 12 000 visiteurs par jour, une centaine d’autobus, de l’espace pour 3500 voitures. C’est bien des familles, ça, bien des enfants. Bien des roulottes, bien des tentes.
Ce sera une grosse affaire – la plus grosse dans notre bout du pays depuis bien, bien longtemps. Ils ont eu de la misère. Ce n’était pas facile. Mais c’est pour le vrai, cette fois-ci. Plus de problèmes, plus de délais.
C’est le temps pour tous ceux – comme moi – qui ne croyaient pas au projet, de s’embarquer. Calypso sera réalité. Les promoteurs ont investi un gros 45 millions $ jusqu’à maintenant. C’est trop tard pour reculer, même s’ils le voulaient.
Le projet comprend 35 immenses glissades nourries par l’eau souterraine pompée à travers 25 kilomètres de tuyauterie.
Douze mille par jour! C’est bien des familles, bien des enfants, bien du monde qui chercheront de quoi à manger, et s’ils sont venus de loin, une place pour coucher le soir. Il n’y a pas un seul motel dans le coin, jusqu’à présent. Mais il y en aura. Sûrement.
Le projet a été construit dans des immenses champs près de Limoges, assez proche d’Ottawa, pour attirer les familles et les jeunes de la capitale, et pas trop loin pour attirer des visiteurs de la métropole qu’est Montréal.
La raison principale pour laquelle le parc de Limoges sera un succès est que les promoteurs savent ce qu’ils font.
Ils sont déjà les bâtisseurs et propriétaires de ce qui est présentement le plus grand parc aquatique au Canada. C’est le Village Vacances Valcartier, situé pas loin de la base militaire de Valcartier, à environ la même distance du centre-ville de Québec que Calypso le sera d’Ottawa.
Demandez aux familles des soldats du 22e Régiment s’ils connaissent les glissades du Village Vacances. Ça fait plus de 40 ans que ça marche et le parc attire de plus en plus de monde chaque année.
En ce moment même, il doit y avoir des soldats canadiens dans le désert de Kandahar qui rêvent de se faire tremper les fesses dans l’eau douce du Village Vacances. On pourra leur offrir Limoges, pour faire changement.
Il a fallu construire une usine de dessalage parce que le parc aquatique Calypso se sert de l’eau de puits qui vient de la nappe souterraine de l’ancienne Mer Champlain. Les cultivateurs de la région vous diront combien l’eau dans le coin est souvent trop salée, ce qui ne serait pas bon pour les tuyaux et la mécanique.
Au début, les promoteurs semblaient vouloir faire presque tout en anglais. Que pensez-vous du nom Sunnyland? C’était dans l’espoir d’attirer la grosse clientèle anglophone d’Ottawa.
Les mauvaises langues vous diront que les promoteurs avaient engagé Howard Galganov comme linguiste pour le site. Pas vrai! Ça a plutôt dû être le député Pierre Lemieux.
Mais de toute façon, un bon Canadien-français leur a chuchoté dans le creux de l’oreille que par ici, on faisait les affaires dans les deux langues. De toute façon, les anglophones qui se rendront dans un endroit qui ose s’appeler «Limoges» ne seraient pas offusqués de trouver des affiches bilingues.
Donc le nom est devenu Calypso – une déesse grecque qui avait séduit Ulysse à devenir son mari.
Les promoteurs espèrent que notre Calypso en séduira plusieurs, et fournira trois mois de travail par année pour 500 personnes. Souhaitons que certains anciens de L’écho d’un peuple puissent y trouver leur place.




