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On lutte pour l’affichage bilingue au N.-B.

On lutte pour l’affichage bilingue au N.-B.

On lutte pour l’affichage bilingue au N.-B.

Richard Cléroux
Publié le 8 Juillet 2009
Publié le 19 Février 2010
Richard Cléroux
Sujets :
Front Commun , Moncton Leonard Jones , Nouveau-Brunswick , Dieppe

Il y a une petite ville au Nouveau-Brunswick, Dieppe, population 20 500 habitants, qui vit aujourd’hui ce que le canton de Russell et les gens d’Embrun ont passé à travers depuis un an.

Dieppe, une banlieue de Moncton, est à 80% francophone. En effet, c’est le cœur francophone de Moncton. La ville est nommée d’après la ville en France où les soldats canadiens-français se sont fait massacrer sur la plage en 1942. Cela en dit long.

Il n’y a pas tellement longtemps, on s’est aperçu à Dieppe que 30% des commerces affichaient seulement en anglais – pas un seul mot de français.

Les «Dieppois» (c’est leur nom) ont formé un Front Commun pour l’affichage bilingue. Ça n’a pas pris longtemps qu’ils avaient 50 000 noms sur leur pétition.

Il va sans dire qu’il y avait des mange-canayens qui ont rouspété, comme dans le temps de l’ancien maire de Moncton Leonard Jones.

Deux députés du fédéral, le néo-démocrate Yvon Godin, d’Acadie-Bathurst, fier acadien et grand défenseur du bilinguisme au parlement canadien, est arrivé pour donner un coup de main au Front Commun. À lui s’est joint le député de la place, le libéral Brian Murphy, fier irlandais-canadien et défenseur bien connu du bilinguisme à Ottawa, un type qui est tout à fait aussi francophile que le maire Ken Hill du canton de Russell. Les deux feraient une bonne paire.

C’était Murphy, lorsqu’il était maire de Moncton, qui avait proclamé Moncton ville bilingue, ce qui a grandement aidé le Canada-français à faire oublier l’unilinguisme du temps du maire Jones. Il y a eu de la controverse au début, mais Murphy a eu le courage de prendre position en faveur du bilinguisme pour sa ville, et aujourd’hui, on n’en entend plus parler.

Sa prise de position n’a pas empêché Murphy de se faire élire par la suite au fédéral, contrairement à ceux qui disaient que ça lui coûterait cher.

La comparaison avec Pierre Lemieux, le député conservateur de Glengarry-Prescott-Russell, nous saute aux yeux. Murphy, anglophone d’origine, se bat pour le bilinguisme à Moncton et ne perd pas ses élections à cause de ça.

Lemieux, un francophone, au moins d’origine, reste muet comme une carpe sur l’affichage bilingue dans le canton de Russell. Est-ce par peur d’offenser Howard Galganov et la gang de mange-canayens et de perdre ses votes?

Les gens de là-bas sont plus braves dans un sens. Aucune ville au Nouveau-Brunswick n’impose l’affichage bilingue à ses commerçants, tandis que dans Glengarry-Prescott-Russell, il y a déjà les municipalités de Clarence-Rockland, La Nation, Russell et Casselman où l’affichage commercial bilingue est obligatoire.

Par contre, ceux au Nouveau-Brunswick qui s’opposent à l’affichage bilingue n’ont pas de leader. Il leur manque un Howard Galganov. On pourrait toujours leur envoyer le nôtre. Il y aurait une bonne collecte à faire par-là.

Ce que les Acadiens de Dieppe veulent faire est compréhensif. Après tout, le Nouveau-Brunswick est une province officiellement bilingue, la seule au Canada. Ni l’Ontario ni le Québec ne le sont.

En Ontario, on parle de services en français, au Québec, on parle de la primauté de la langue française, mais au Nouveau-Brunswick, on parle de l’égalité complète des deux langues officielles.

Parfois, pour des Québécois, il est difficile de comprendre l’importance de l’affichage bilingue dans le reste du Canada. Les Acadiens et les Franco-Ontariens vivent quotidiennement une réalité qu’heureusement les Québécois ne connaissent point.

Les francophones du Québec seront toujours majoritaires chez-eux, et ils le savent, tandis que les Franco-Ontariens et les Acadiens ne le seront jamais. Eux aussi le savent.

Cela fait toute la différence au monde. Les petites victoires sur les affiches comptent pour beaucoup.

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